
Mais tout se compliqua lorsqu’ils croisèrent un groupe d’adolescents, qui manifestement n’allait pas leur souhaiter la bienvenue. La montre d’Eva avait, une fois de plus, attiré l’attention, et l’un des jeunes qui semblait être le meneur, ne s’embarrassa pas de politesses et lui demanda, sans aucune gêne, de la lui donner. Il faut dire que les cinq gaillards derrière lui, devaient lui donner une assurance qu’il n’aurait bien entendu pas eue dans d’autres circonstances…Jean assista à la scène d’abord en tant que spectateur. L’expérience lui avait appris qu’il ne fallait pas réagir impulsivement dans ce genre de situation. Il examina avec attention les adversaires pour essayer de se rendre compte, au feeling, s’il y avait une menace sérieuse. Ces garçons ne paraissaient pas très méchants, individuellement parlant. Mais il était évident que leur meneur, n’abandonnerait pas des proies aussi intéressantes, d’autant plus que la rue était déserte. La solution du repli ne semblait pas être applicable, vu la différence des forces en présence. Durant sa réflexion, les trois jeunes filles, qui étaient apeurées, tentaient de résister en refusant d’obtempérer, se demandant d’ailleurs pourquoi ‘l’Homme’ de la troupe ne bougeait pas. C’est alors que Jean s’approcha rapidement de l’agresseur et, d’une façon totalement imprévisible, lui tendit la main avec beaucoup d’assurance, tout en lui lançant un bonjour sympathique. Cela eut pour effet de déclencher la réponse conditionnée, elle prévisible, d’une politesse identique. Et, LA, la partie était gagnée, Jean ne lui lâcha plus la main. Maintenant on pouvait discuter…La situation était en train de tourner. Les trois jeunes filles venaient de comprendre pourquoi il avait agi ainsi et attendait avec intérêt la suite. Jean avait bien sûr peur, mais il fit en sorte de ne pas le montrer. Il regarda fixement son adversaire, qui, il faut le dire, la surprise passée, se demandait quoi penser de ce fou qui venait de lui donner le bonjour. Jean s’adressa alors à lui, avec un ton complètement décontracté et ironique, et dit :
-
La phrase fit l’effet d’une bombe…atomique. En quelques petites secondes l’agresseur potentiel perdit toute son assurance et regarda ses comparses avec crainte. Il n’avait pas essayé de nier tant Jean avait d’aplomb. D’ailleurs il était trop occupé à se demander comment ce touriste avait deviné. Touriste qui continua le petit jeu, maintenant avec délectation, et qui dit :
-
Jean aurait pu, bien sûr, se passer de ce genre de commentaire, mais une fois n’est pas coutume, et puis, il ne l’avait pas volé. Manifestement, le prénom cité correspondait à une personne de la bande, qui se manifesta tout de suite avec beaucoup d’agressivité. Il avait été tellement surpris d’apprendre cette vérité, qu’il ne s’était même pas demandé comment l’orateur en avait eu connaissance.
Il s’adressa à l’accusé en lui demandant des comptes. Jean ne put résister à la tentation et ajouta :
-
Jean avait fait mouche, il avait déjà, bien sûr, lâché la main du condamné, quand cela avait commencé à chauffer. Nos quatre touristes n’étaient plus le centre d’intérêt de la bande et ils en profitèrent pour s’éloigner discrètement. De toute façon, le danger s’éloignait, et cela d’autant plus vite, que des passants arrivaient et auraient mis fin à l’incident.
Les trois jeunes filles étaient très admiratives, et ne tarissaient plus d’éloges pour leur héros, durant le retour vers la voiture. Ce dernier, comme à son habitude, fut très modeste sur sa performance théâtrale. Il dit avec sérieux :
-
-
-
-
© 2008 Les Éditions du Manuscrit